vendredi 20 avril 2018

Au revoir la Grèce... Turquie et Bulgarie, nous voilà !


Au revoir la Grèce, et bonjour la Turquie...


Nous  passons notre première frontière le cœur lourd de quitter ce beau pays que nous aurons arpenter pendant plus d'un mois et dans lequel nous avions pris nos habitudes d'approches avec les habitants, de repérage des bons coins pour le camping sauvage, de quelques mots qui nous permettaient de nous présenter rapidement ou de demander des informations basiques... Et nous voilà dans de nouvelles terres inconnues, où il va nous falloir rapidement réapprendre les codes ! Tout se fait si naturellement et avec tellement de gentillesse dans l'accueil que notre nostalgie grecque est vite oubliée et que nous nous lançons dans cette nouvelle aventure le cœur léger ! Ce sont les douaniers qui ont commencé les premiers : face à nos vélos, la bonne humeur des enfants et devant l'incroyable périple qui nous attend, ils nous installent au soleil, dans un petit jardin, avec le fameux thé turque et des petits gâteaux secs aux amandes... Pas mal du tout pour une entrée en matière ! Bienvenus en Turquie...



Quelques mètres plus loin, nous nous faisons escorter par 2 cyclistes professionnels iraniens en entraînement pour une course, qui prennent le temps de discuter avec nous, nous prennent en photos, impressionnés eux aussi par notre cortège ! On s'y serait presque crus... Il ne manquait que les autographes !


Nous arrivons ainsi dans la ville de Edirne, par une route qui nous offre une vue magnifique sur la vieille mosquée, affichant fièrement, par sa position en hauteur, ses quatre grandes tours et sa coupole centrale... Y a pas à dire, c'est prenant !


Nous retrouvons Osgur, près de son appartement, qui va être notre super hôte, guide et.. Ami, durant ces deux journées dans sa ville ! Nous l'avons connu grâce à "warmshowers", ce site internet qui rassemble une communauté de cyclistes et qui offre l'hébergement (ou au moins une place pour poser la tente !) et la douche chaude !! Ça a été 2 journées de bonheur, où nous avons été une fois de plus "pourris gâtés" : il nous a concocté des petits plats typiques, a joué de son saz (une sorte de guitare à 7 cordes), avons fait une soirée arrosée avec le raki (alcool local, proche du pastis...) à écouter alternativement de la musique turque et française, nous a promenés dans les coins sympas d'Edirne et notamment la visite de la grande mosquée  ou un parc sur les bords du fleuve... Bref, Merci Osgur !!


Lors d'un restaurant pour le déjeuner, nous tombons sur un journaliste qui nous demande de nous prendre en photos pour un article en échange du repas offert! Bien sûr, nous acceptons... Il reviendra le soir avec sa caméra pour faire une interview sur ce qu'est  le "warmshowers", mettant ainsi Osgur en valeur pour sa générosité, son sens de l'accueil et son ouverture sur le monde ! Et nous, nous allons faire nos stars en passant à la télévision turque !!!
Toutes les belles choses ont une fin, on se dit donc au revoir, mais espérons vraiment qu'un jour Paris fera partie de ses voyages et que nous pourrons lui rendre la pareille ! Inch'allah...


La suite de notre voyage turque est moins exaltant... On vous passera donc les détails de notre nuit à la frontière turco-bulgare dans un hôtel miteux que le patron, en voyant nos petites têtes blondes, a essayé de nous vendre 10 fois son prix, nous embobinant sur l'eau chaude, nous logeant dans une chambre crasseuse... Bref, nous préférons oublié cette partie de la Turquie, pas représentatif de ce que nous voulons garder de ce pays...
Sur le plan des paysages, nous n'avons parcouru finalement qu'une soixantaine de km entre la frontière grecque et la frontière bulgare, mais nous avons pu  traverser une région rurale, très vallonnée, fleurie, au son des prières des muézin, qui nous a bien plu !
L’arrivée en Bulgarie est un peu long, car nous accédons de nouveau à l’union européenne : La frontière Turco-Bulgare est un point de passage des migrants qui veulent rejoindre l’espace européen, donc les contrôles sont renforcés (nous avons dû montrer nos passeports à quatre postes différents, les voitures doivent systématiquement ouvrir leurs coffres et les places arrières sont systématiquement vérifiées). Le seul point d’intérêt de ce point de passage est qu’il regroupe la quasi-totalité du trafic de camions de la région (Turquie, Bulgarie, Roumanie, Ukraine) donc Alexandre nous a parlé des semi-remorques pendant toute la journée !
La partie bulgare dans laquelle nous arrivons est extrêmement rurale ! Nous quittons assez rapidement la nationale à la recherche de routes et de paysages plus pittoresques ! Du coup, nous traversons des villages où nous croisons des chariots tirés par des chevaux ou des mulets tout maigres, des routes pavées, des Traban, des Lada et surtout des routes pleines de trous ! A la faveur d’un de ces nids de poules (ou de vaches, tellement ils sont énormes) Marie a perdu une pièce de son dérailleur arrière ! Oups, on s'arrête, et on cherche la fameuse pièce sur la route. Un couple de retraités, habitant devant l'endroit ou nous avons arrêté les vélos, tente de nous aider, sort des pièces de vélos, essaie de retailler une vis perdue... Un vrai saint Bernard ! Finalement, nous arrivons a réparer après avoir retrouvé les pièces et complété avec celles de ce petit Monsieur ! Comme il commençait à être assez tard, nous avons demandé si nous pouvions planter notre tente dans le jardin. Ils acceptent, nous leurs offrons des biscuits achetés en Turquie ! A partir de ce moment, ça a été un flot de gentillesse ! Apéritif à l'alcool (fort) local, petit déjeuner gargantuesque, Œufs de paques, Doudous offerts, ainsi que des confitures et du miel des ruches du fond du jardin ! Nous avons eu bien du mal à quitter cette famille, d'autant plus que nous avons croisés la fille sur la route, qui nous a encore couvert de cadeaux ! Les bulgares ,sous leur première approche un peu austère, sont en fait très gentils !
 
La journée suivante s'avère pleine de découvertes, beaucoup d'arbres en fleurs, peu de montées, beaucoup de trous, et par contre, peu de lieux pour le bivouac, car les plaines bulgares sont des étendues parfaites pour des grandes cultures (céréales, colza, tournesol) et donc pas de forets ou de bosquets satisfaisants pour y cacher notre tente. Nous nous orientons donc vers un hôtel dans une petite ville bulgare. Nous avons continué le jour suivant dans des plaines, et oh, bonheur, à un moment, nous nous trouvons sur le contrefort d'une montagne, avec une foret ! Nous décidons donc de planter notre tente, de manger, et de nous coucher, et là, à la tombée de la nuit, AAAAAAOOOOOOOOOOOUUUUUUUUUUUUUUHHHHHHHHHHHH, des loups qui se mettent à hurler à la lune, tout autour de nous ! Gloups ! Comme nous n'avons pas de plan B pour le couchage, nous décidons de rester ou nous sommes mais en prenant garde d'avoir un bon bâton (celui que je n'ai pour l'instant pas utilisé pour les chiens) à portée de main, et de nous renseigner sur les loups via notre connexion internet. Bon apparemment, il y a entre 500 et 1000 loups en Bulgarie, mais par chance, les attaques sur des humains sont assez rares (le plus souvent, ce sont des bêtes enragées) ! bref, nous avons passé une nuit très moyenne, mais nous sommes tous en vie !
La nuit un peu difficile ne nous a pas aidés à franchir les contreforts des balkans (chaine de montagnes jeunes, comme les alpes, mais même si elles sont moins élevées, elles "piquent" les jambes !) Pour néanmoins bien finir la journée, nous avons planté notre tente près d'un étang poissonneux, ou Alexandre a pu enfin sortir sa canne à pêche (même si nous sommes rentrés bredouilles).


Nous enchaînons quelques journées bien difficiles avec plus de 60km au compteur et de bons dénivelés... Ça râle pas mal (surtout maman !!) car la fatigue se fait sentir... même si c’est vraiment beau !

Mais heureusement, comme à chaque fois après des baisses de moral, un bel évènement apparaît ! Nous sommes accueillis, une fois de plus par le biais de Warmshowers, chez une famille française qui vit depuis 2 ans, à Varna, la 3ème plus grosse ville de Bulgarie : Stéphanie, la maman (son mari, était absent ce week-end là, nous ne l'avons donc pas rencontré) , Florine, 12 ans et Baptiste, 8 ans !

Nos 4 enfants étaient super contents de pouvoir jouer avec les jeux de Baptiste (des légos, des peluches, des petits soldats…) mais surtout de pouvoir parler en français !  Nous avons été, une fois de plus, « chouchoutés » durant deux jours, car nous profitons de cette ville balnéaire et de ce chaleureux accueil pour y faire notre journée de repos ! C’est une belle occasion pour se poser un peu, pour faire tourner quelques machines à laver et pour visiter la ville avec Stéphanie comme guide ! Promenades dans les rues piétonnes du centre, puis dans le grand parc maritime qui surplombe la plage, photos devant des maisons « traditionnelles " bulgares, restaurant avec des spécialités locales (dont on a oublié les noms !), puis visite de la jolie cathédrale aux plafonds très décorés et aux nombreuses peintures...


 

Un très bon moment, trop court au goût des enfants (et de nous aussi d'ailleurs !), mais une fois de plus, l'horloge tourne et nous devons enchaîner les kilomètres pour rentrer avant fin août chez nous, en France !!! Alors, tous en selle !
Nous repartons courageusement vers d'autres stations balnéaires (et il en faut du courage, vu l'énorme, l'horrible, la monstrueuse montée qui nous attend pour sortir de Varna!)
 Nous découvrons de grands complexes hôteliers aux multiples attractions et activités , tous fermés à cette époque, ce qui donne l'impression de villes inhabitées, presque « mortes » (comme dans les films d'horreur...) , mais qu'on imagine bien se transformer en "Disneyland" dans moins de 2 mois, avec plein d’attractions, de manèges, de restaurants, de casinos... (une autre vision d'horreur!!)

Le GPS nous indique un petit chemin censé suivre le bord de mer au pied des falaises...

 L'excitation est au sommet, car nos enfants se prennent pour des explorateurs, aventuriers, devant le chemin étroit, escarpé et boueux qui s'offre à nous... À certains passages, on doit détacher la remorque , porter les vélos, déplacer des pierres, s'enliser dans la boue...
 
 
 

Mais le GPS continue à avoir l'air sûr de lui, alors on s'accroche, on y croit, surtout quand on voit la grosse falaise qu'il faudrait gravir sinon...
 
Et pourtant... Arrive le moment fatidique où nous devons accepter l'inévitable : ça ne passe plus !  Nos aventuriers sont déçus, Marie râle (encore !!), les petits retournent dans la carriole et Matthieu maudit son Gps... bref, la séquence rigolote se transforme en « cauchemar » !! Demi tour, montagne à gravir et perte de temps ! Grrr...

Nous trouverons, heureusement, un coin sympa sur la plage pour planter notre tente et pour nous remettre de nos émotions ! ça nous a tous fait beaucoup de bien, car les enfants ont pu jouer sur le sable, construire des châteaux et des circuits pour leurs petites voitures…
 


Et nous voilà déjà à notre dernière journée en Bulgarie après 10 jours de voyage ! Nous trouvons une petite auberge pour dormir, près de la frontière…

La prochaine fois, nous vous ferons voyager en Roumanie !!
Si je demande aux enfants de me dire ce qu’ils ont le plus aimé de la Bulgarie, voici leurs réponses :
-        Pour Alexandre, ce sont les 2 jours chez Baptiste, son copain du même âge, rencontré à Varna, avec qui il a pu parler de son voyage…
-        Pour Ombeline, c’est la 2ème journée, quand nous nous sommes arrêtés dans un super parc de jeux, avec des balançoires qui s’envolent très haut et des toboggans géants !
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-        Pour Samuel, c’était de jouer avec les « mitraillettes » de Baptiste qui envoient des étincelles pour de faux !!
-        Pour Alice, ses progrès en langage ne nous permettent pas de traduire sa réponse ! On ne comprend rien, mais elle semble aimer passer du temps avec nous, jouer et rigoler avec ses frères et sœur !
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-        Pour les parents, Marie et Matthieu, nous retiendrons la première soirée, dans ce petit village isolé, accueillis chez baba Dunka et Christo, avec beaucoup de simplicité et tellement de bonheur dans nos partages, même si nous ne parlions pas la même langue !
-        Mais aussi les jolis villages de campagne aux toits de tuiles rouges…
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Pour les choses qu’ils ont moins aimées :
-        Pour Alexandre, ce sont les gros trous sur la route ; il a failli tomber à plusieurs reprises tellement ils sont gros et nombreux !
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-        Pour Ombeline et Samuel, ils ne savent pas ! tout était vraiment chouette…
-        Pour les parents, la difficulté du premier contact avec certains bulgares qui refusaient catégoriquement de parler avec nous… ils sont assez froids de prime abord, et heureusement que nous avons connu nos hôtes du premier soir pour réaliser que ça n’est qu’en surface mais que quand ils ouvrent leurs portes, ils les ouvrent en grand !
Dans les petites anecdotes rigolotes, quand les bulgares veulent dire oui, ils disent « da », en bougeant la tête de gauche à droite, un peu comme notre « non » ! Et inversement, pour dire leur « non », ils hochent la tête de haut en bas, comme notre « oui » ! Bref, c’est un vrai casse-tête! Pas facile de se faire comprendre ou de comprendre…
Et pour finir...

 
 
 
 

1 commentaire:

  1. Toujours autant de plaisir à vous lire !!!
    Courage les amis ! C'est vraiment trop chouette toutes ces supers rencontres !

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